Afrique/Embargo sur le Bénin et la Niger Difficultés au Sénégal, Mali, Côte-d’Ivoire… : une mise à mort de l’économie ouest-africaine

Afrique/Embargo sur le Bénin et la Niger

Difficultés au Sénégal, Mali, Côte-d’Ivoire… : une mise à mort de l’économie ouest-africaine

 

Depuis le 20 août dernier, le président nigérian Muhammadu Buhari a décidé unilatéralement de fermer les frontières de son pays avec ses voisins. L’objectif, selon Lagos, est de mettre fin à la contrebande de riz entre le Nigéria et le Bénin. Si cette mesure punitive est, au départ, destinée au Bénin, des inquiétudes commencent à apparaître hors des frontières du pays de Patrice Talon. De sérieuses menaces pèsent en effet sur l’économie de toute la sous-région ouest-africaine.

La fermeture des frontières terrestres nigérianes inquiète particulièrement les opérateurs économiques de la sous-région. Ils évoquent non seulement la durée de cette mesure qu’ils jugent trop radicale, mais font également état de l’intransigeance affichée par Lagos.

Malheureusement, vu le poids économique du Nigéria en Afrique de l’Ouest (le pays concentre environ 70 % du PIB de la CEDEAO.), des observateurs craignent qu’une prolongation de la durée de cette mesure, n’affecte toute la sous-région. Si le Niger a également enregistré une fermeture de ses frontières avec le Nigéria, c’est surtout l’impact économique et commercial qui est redouté.

À en croire l’agence ECOFIN, de nombreuses raisons justifient la crainte des investisseurs de l’Afrique de l’Ouest. Le Nigéria, en plus d’être la première puissance économique du continent africain, est l’une des principales destinations de nombreuses exportations du continent.

« En 2018, le pays était la destination de 14,7 % des exportations de l’UEMOA, soit la deuxième destination africaine des exportations de la région. De plus, 74 % des exportations de l’Union vers les autres Etats de la CEDEAO, hors UEMOA, sont destinées au Nigéria », a expliqué un économiste nigérian sous couvert d’anonymat.

Enfin, des statistiques de la CEDEAO révèlent que le corridor Abidjan-Lagos qui approvisionne, entre autres, le marché nigérian en plusieurs produits, via la frontière béninoise, draine à lui tout seul 75 % des activités commerciales d’Afrique de l’Ouest. De plus, « Le Nigéria achète essentiellement des produits pétroliers provenant de la Côte-d’Ivoire, du Niger et du Sénégal, des produits chimiques, composés notamment de produits pharmaceutiques, de cosmétiques, d’acide phosphorique et d’engrais, en provenance du Mali, du Sénégal et du Togo, ainsi que des animaux vivants du Mali et du Niger. Les exportations du Bénin vers les autres pays de la Communauté, singulièrement le Nigéria, portent essentiellement sur la réexportation de produits alimentaires et de voitures d’occasion », indiquait à cet effet la BCEAO, dans son rapport sur le commerce extérieur 2018 de l’espace UEMOA.

En clair, de nombreux experts doutent de l’efficacité de la mesure nigériane. Pour de nombreux observateurs, non seulement cette décision risque d’affecter l’économie sous régionale, mais elle pourrait avoir un effet pervers préjudiciable pour l’économie nigériane et pour sa politique alimentaire. Un hara-kiri de Buhari qui pourrait entrainer dans sa chute toute la région.


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