Côte d’Ivoire/ Tension parlementaire : l’Afrique du Sud refuse la participation du pays à l’Union Parlementaire Africaine (UPA). Les raisons

Côte d’Ivoire/ Tension parlementaire : l’Afrique du Sud refuse la participation du pays à l’Union Parlementaire Africaine (UPA). Les raisons

 

 

 

 

La participation de la Côte d’Ivoire à une réunion en cours de Union parlementaire africaine (UPA) à Midrand (Johannesburg), en Afrique du Sud, reste incertaine pour cause de non-respect des dispositions des textes de l’organisation.

Alors que ces dispositions prévoient 5 représentants par pays, (dont 3 députés et 2 sénateurs, pour les pays ayant un parlement bicaméral), la Côte d’Ivoire est présente en Afrique du Sud avec 7 parlementaires (5 députés et 2 sénateurs).

Les 5 députés étaient déjà inscrits, et représentaient conformément aux dispositions ivoiriennes, aussi bien l’Assemblée nationale que le Sénat dans la mesure où celui-ci n’avait pas encore tous ses membres nommés.

Le chef de l’État, Alassane Ouattara, ayant nommé récemment les 33 autres sénateurs, l’Union parlementaire africaine a convié l’institution à la réunion en cours en Afrique du Sud, de la même manière que le Président Ahoussou avait assisté à une réunion à Ouagadougou récemment. Elle a même pris en charge les billets des sénateurs ivoiriens.

Faute d’avoir été prévenu par l’Assemblée nationale qu’il pourrait y avoir un souci, et faute d’avoir été alerté de la volonté du Président Amadou Soumahoro, de reconduire la même équipe de 5 députés pour représenter la Côte d’Ivoire , alors qu’à la mi-avril 2019, l’UPA dans sa lettre d’invitation avait bien précisé qu’il s’agissait de désigner trois députés, le Sénat a souscrit aux obligations du pays, en répondant à l’invitation qui lui avait été adressée…

Sur place à Midrand, le Bureau de l’UPA a souhaité que l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire prenne ses responsabilités et désigne nommément 3 personnes parmi les 5 qui sont présentes.

Refus de l’équipe d’Abidjan qui propose l’une des options suivantes : participation des 7 ivoiriens, ou participation des 5 députés avec exclusion des deux sénateurs, puisque le Sénat n’aurait toujours pas la plénitude de ses prérogatives.

Pourtant les sénateurs ivoiriens ont déjà prêté serment, et peuvent valablement participer aux travaux de l’UPA.

Dernière option : la délégation de Soumahoro propose que le bureau de l’UPA désigne d’autorité les 3 députés devant représenter la Côte d’Ivoire.

Refus poli, mais ferme du Président de l’institution parlementaire panafricaine Roger Nkodo Dang, qui assure ne pas avoir compétence à cet effet.

Contacté par l’Intelligent d’Abidjan, alors qu’il se trouve en Afrique du Sud, Roger Nkodo Dang a indiqué que la situation est en train d’être traitée. Il a précisé que c’est la plénière qui décidera de la participation effective de la Côte d’Ivoire.

« Est-ce à dire que le pays ne sera pas admis aux débats, ou plutôt peut-il assister et participer à un débat en plénière où on doit décider de cette participation », a demandé l’IA « Je ne saurais vous répondre. Appelez-moi demain. Mais rassurez-vous, nous n’avons encore rien décidé », a-t-il répondu.

À Abidjan, le Sénat déplore une absence préalable de concertation qui aurait permis d’éviter cette situation embarrassante.

Du côté de l’Assemblée nationale, l’on apprend que le Président Amadou Soumahoro assure avoir déjà assez de soucis avec les autres groupes parlementaires. Il a souhaité ne pas en rajouter, en excluant deux députés ivoiriens de l’UPA, d’autant qu’il vient encore de subir un revers avec le Parlement de la Cedeao, qui a refusé le remplacement de deux députés, au motif que cela n’est pas conforme aux textes de l’institution.

Pendant ce temps, les députés et sénateurs ivoiriens en Afrique du Sud commentent à se regarder en chiens de faïence.

Ils ne sont même pas loin d’en venir aux mains si rien n’est fait, à en croire un membre d’une délégation africaine présent sur place, même si un des cinq députés a préféré rentrer au pays, pour éviter la honte, laissant un seul député de trop sur place …

 

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