Mali: Les djihadistes sanctuarisent leur zone à la frontière du Burkina et du Niger

Mali: Les djihadistes sanctuarisent leur zone à la frontière du Burkina et du Niger

Alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta a « déclaré un deuil national de trois jours, à compter de jeudi », suite aux l’événement tragique, qu’a vécus le Mali, des centaines de jeunes Maliens et de femmes de soldats sont descendus dans les rues de la capitale à Bamako pour réclamer la vérité sur le lourd revers infligé en début de semaine à l’armée par les jihadistes dans le centre du pays en guerre. Le bilan a été revu à la hausse depuis et il a fait état vendredi d’une quarantaine de morts au sein de l’armée en plus de quinze assaillants et une soixantaine de disparus.

 

C’est ainsi que pour exprimer leur exaspération des jeunes, ont incendié des pneus, bloquant les artères menant à la résidence présidentielle ainsi que le palais présidentiel. Les manifestants reprochent au gouvernement de ne pas assez protéger le peuple malien du danger terroriste.

 

 

Cette région embrasée du Sahel qui a connu les combats tragiques, est considérée comme un carrefour stratégique. Située dans le nord du Burkina Faso à la frontière avec le Mali et le Niger elle trouve la raison d’être de ses violences dans un certain laxisme de la part des autorités des pays du G5 Sahel (les trois cités en plus de la Mauritanie et Tchad). Aussi ces larges pans de territoires délaissés, sont investis par plusieurs groupes terroristes qui veulent en faire un bastion et le Burkina Faso semble tout indiqué pour ce faire.

 

D’ailleurs ils ont déjà scindé ce pays puisqu’à coups de dynamites ils ont fait sauter des infrastructures, (ponts) isolant ainsi les deux principales villes de la région, Djibo et Arbinda à quelques centaines de la capitale Ouagadougou qu’ils ont en point de mire.

 

Mais plus préoccupant, selon les spécialistes, c’est le rapprochement entre les groupes terroristes au nombre de cinq que l’on a observé (Ansar Dine, Front du Macina, al-Mourabitoune, AQMI, Ansarul Islam, État islamique dans le Grand Sahara). L’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ayant été chassé de l’est du Mali, la Katiba Macina (affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM) du centre, ces deux groupes se sont repliés au Burkina Faso pour se recomposer entrainant dans leur sillage les autres.

 

Jadis ennemis, aujourd’hui ils s’allient et mettent leurs différents de côté pour conquérir ces territoires en attendant de voir venir. Et les spécialistes d’avancer même des échanges de procédés en pointant du doigt les dernières attaques du Mali (Boulkessi et Mandorou) en est l’exemple même. Un seul groupe, Ansarul Islam pour le cas, incriminé, n’aurait pas été capable de cette attaque conduite pour effacer les frontières communes des trois pays, Burkina Faso, Mali et Niger afin d’en faire leur sanctuaire.


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